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De Camus à Ricœur : la grande peur du « cercle de la raison »
Home Opinions & Débats Éditorial De Camus à Ricœur : la grande peur du « cercle de la raison »
ÉditorialOpinions & Débats
By Lucienne Gouguenheim10 juillet 20240 Comments

De Camus à Ricœur : la grande peur du « cercle de la raison »

Christophe Courtin.

Cet article est dédié à Bernard Pinaud, ancien délégué du CRID, ancien délégué général du CCFD, arpenteur infatigable des Forums sociaux mondiaux pour qui un autre monde que l’ordre libéral économique était possible. Une personnalité forte, généreuse et joyeuse. Il est décédé le 21 juin, il sera enterré entre les deux tours des élections. Nul doute qu’en ces temps politiques difficiles, il n’aurait pas été, comme le disait Camus, « une âme tiède ». Son souvenir nous soutient.

La courte campagne électorale des législatives de 2024, provoquée par la décision brutale et irréfléchie du président de la République de dissoudre l’Assemblée nationale après les résultats catastrophiques de son camp, a catalysé et accéléré un phénomène : l’inquiétude, puis la peur et aujourd’hui la panique générale d’un cercle dit « de la raison », devenu l’épicentre français d’un cercle de l’absurdité.

C’est Alain Minc qui, en 1994, dans son rapport du Commissariat général au Plan « La France de l’an 2000 », a popularisé cette formule. Cet intellectuel libéral qui a contribué à la création du phénomène Macron avait table ouverte dans tous les grands journaux écrits, radios et télés avant l’explosion des réseaux sociaux. Avec cette expression, il visait le cercle « du réel et du possible » à l’intérieur duquel le débat démocratique était possible entre intellectuels, journalistes, politiques, économistes, raisonnables. Exit d’un côté les utopistes d’un autre monde possible et de l’autre les extrêmes droites.

Au fur et à mesure de la montée des tensions sociales et politiques (Gilets jaunes, réforme des retraites, violences dans les banlieues, mobilisations écologistes), le diamètre du cercle s’est rétréci, transformant le « cercle de la raison » en une génuflexion pieuse sur une petite dalle arrondie devant l’autel de l’absence d’alternative à la mondialisation néo-libérale conçue comme un vade-mecum, également approprié par le RN, destiné à détruire la solidarité sociale et l’État-providence en vendant les services publics et en transférant le contrôle des États aux entreprises.

Cet acte de piété originel du « cercle de la raison » à un ordre du monde qui creuse les inégalités et nous mène dans le mur climatique, s’est transformé au fil du temps en une soumission irrationnelle au réel économique puis en une doxa absurde portée par une inquisition médiatique composée de chroniqueurs, de politistes, de journalistes, d’économistes, de philosophes de tréteaux, « chiens de garde [1] » d’un ordre libéral, qui chassent en meute à gauche, en portant le feu aux hérésies émancipatrices et solidaires.

Sylvain Bourneau [2], directeur de l’excellente revue en ligne AOC, explique « l’inconsciente irresponsabilité » des journalistes politiques qui contribuent activement depuis longtemps à la montée en puissance de l’extrême droite et de ses idées. Il ne vise pas les stipendiés de la presse tenue par Bolloré, mais les journalistes du service public, du Monde ou de Libération qui, par leurs biais professionnels, participent de l’arrivée au pouvoir possible de RN. Ces journalistes et ces moralistes, pour beaucoup mus par la peur, sont devenus complices ou au mieux aveugles à ce qui leur vient dans le dos : la déshumanisation du monde par le repli identitaire, la haine de l’étranger, le nihilisme et la guerre. Car c’est bien de cela qu’il s’agit avec la famille Le Pen, malgré les tentatives de Marine de normalisation de son parti, toujours porteur des idées originelles, racistes, antisémites et fascistes des fondateurs.

Dans une période au moins aussi troublée qu’aujourd’hui, pendant qu’il combattait comme résistant et journaliste, Albert Camus rédigeait La Peste qu’il publia en 1947. Il écrivait : « Beaucoup de nouveaux moralistes dans notre ville allaient alors, disant que rien ne servait à rien et qu’il fallait se mettre à genoux. Et Tarrou, et Rieux, et leurs amis pouvaient répondre ceci ou cela, mais la conclusion était toujours ce qu’ils savaient : il fallait lutter et ne pas se mettre à genoux (…). Il n’y avait pour cela qu’un seul moyen, qui était de combattre la peste. Cette vérité n’était pas admirable, elle n’était que conséquente ». Les interventions publiques de Camus, éditorialiste de mars 44 à juin 48 au journal Combat sous-titré « De la Résistance à la Révolution », se seraient-elles inscrites dans le cercle de la raison ? Il aurait fallu un diamètre qui tende à l’infini. Mes papiers s’apparentent, disait-il, « à un service militaire obligatoire », comme pour mieux en marquer le sens civique.

Les interventions publiques des éditorialistes des grands médias mainstream qui dominent l’espace public s’apparentent plutôt aujourd’hui à du désarmement civique, de la désertion et de la collaboration. Voir aujourd’hui Serge Klarsfeld, un grand combattant de la vérité de l’histoire et de la nécessité de la mémoire, appeler à voter pour le Rassemblement National donne le vertige. Des digues ont cédé. Camus disait que l’absurdité du monde n’est pas cet irrationnel qui fait à nouveau irruption, mais sa confrontation avec « ce désir éperdu de clarté dont l’appel résonne au plus profond de l’homme ». Il ajoutait : « Sur le plan de l’intelligence, je puis donc dire que l’absurde n’est pas dans l’homme (…) ni dans le monde, mais dans leur présence commune. » Nous y sommes dramatiquement confrontés à nouveau aujourd’hui devant le score de l’extrême droite.

Paul Ricœur a lu Camus. Il est né la même année que lui, en 1913. Comme Camus en 1941 et 1942, il a fréquenté l’atmosphère de liberté du village de Chambon-sur-Lignon en Haute-Loire, dans le mont du Vivarais, où il y a enseigné la philosophie de 1945 à 1948. Haut lieu du protestantisme français, de l’accueil des réfugiés espagnols et des réfractaires du STO, de la Résistance, le village a été appelé « refuge de la pensée », déclaré « Juste parmi les Nations » et honoré par une plaque commémorative dans le jardin des Justes du mémorial de Yad Vashem. À rebours de 90 % des communes françaises, aux dernières élections européennes, l’ensemble des listes de gauche (32 %) y ont devancé sans équivoque les deux listes d’extrême droite (27 %).

Ricœur disait à propos de Camus [3] : « Nous n’avons pas l’intention de critiquer Camus ni de le tirer à nous ; il est plus important de le comprendre, et surtout de comprendre comment, à partir de l’absurde, il tente de vivre. » L’Homme révolté est pour Ricœur un « grand livre qui force à porter très loin la réflexion », car il se situe « au cœur des embarras de la pensée moderne ». C’est « un formidable diagnostic de notre temps par le biais d’une pathologie de la révolte (…) une riposte au nihilisme ».

En continuant l’interprétation de la lecture de Camus par Ricœur, on peut lire le vote RN d’une bonne partie de nos concitoyens comme une révolte contre l’ordre économique dominant. Mais en oubliant les origines de ce parti qui irriguent toujours sa pensée, l’histoire de cette insurrection politique « est celle de perversions (…) toute la foi de Camus est dans la conviction que le principe de la révolte est plus grand que l’histoire de la révolte. » Ricœur estimait que « la sagesse de Camus comporte trois préceptes essentiels : le refus de toute philosophie de l’histoire, la nécessité des limites, l’intransigeance dans le choix des moyens ». Les « raisonnables » du « cercle de la raison » font exactement l’inverse. Avec Camus, si « l’absurde, c’est la raison lucide qui constate ses limites », le « cercle de la raison » l’a perdue.

Notes :

[1] Lire Paul Nizan. Les chiens de garde, 1932 et Gisèle Halimi, Les nouveaux chiens de garde, 1997.

[2] https://aoc.media/analyse/2024/06/23/linconsciente-irresponsabilite-du-journalisme-politique/

[3] Paul Ricœur. Lectures tome 2. 1992. Selon Olivier Abel, spécialiste et continuateur de la pensée de Ricœur, ce texte a été publié dans La revue du christianisme social en 1952, l’année de la publication de L’homme révolté et lu par Ricœur à Chambon-sur-Lignon alors que Camus était discrètement présent dans la salle (Blog d’Olivier Abel, 11 septembre 2022).

Source : Golias Hebdo n°824, p. 16.

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Camus cercle de la raison Extrême droite tensions sociales
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