La cage dorée de Jésus le Nazaréen
Marià Corbí.

Le pacte chrétien avec l’Empire romain prévoyait la construction d’une cage dorée pour le maître nazaréen, qui avait été exécuté peu de temps auparavant.
Qu’est-ce que la cage dorée et pourquoi a-t-elle été construite au fil du temps ?
On a fait du jeune maître exécuté un fils de Dieu, Dieu créateur, juge des vivants et des morts, sauveur, messie, créateur d’une doctrine spirituelle, créateur d’une religion, sacralisateur de l’autorité sociale et religieuse, fondement immuable d’une culture de la spiritualité basée sur la soumission.
Autant de traits typiques des constructions de divinités du principe axial des sociétés agro-autoritaires.
Ils en ont fait la garantie d’une société autoritaire et patriarcale, ils en ont fait le sacralisateur du principe axial des sociétés agro-autoritaires. Le principe axial de ces sociétés repose sur lui. Par Sa révélation et Sa volonté divine, ce principe est devenu intouchable, pérenne pour les sociétés humaines. Ils pensaient que l’axe de toute société devait être construit autour de la soumission, que la spiritualité comme soumission était leur héritage intouchable.
Ils ont enfermé Jésus dans cette cage dorée. Ainsi, ils le glorifiaient, lui attribuaient ce qui était juste, lui montraient leur amour et leur gratitude. Il semblait que c’était juste et que c’était sa volonté, mais en réalité, ce n’était pas le cas. Pendant des siècles, ils l’ont gardé, avec tous les honneurs, enfermé dans cette cage, qui était dorée et royale, mais qui n’était qu’une cage.
Ils l’ont gardé derrière ces barreaux dorés pour deux raisons :
Premièrement, c’était l’esprit et le sentiment de ceux qui l’écoutaient et décidaient de le suivre. Ils ne pouvaient pas le concevoir autrement. C’est ainsi qu’ils concevaient Dieu, la condition humaine et l’organisation sociale.
Deuxièmement, ils ont ainsi mis toute la puissance du Nazaréen au service de l’empereur, au service de son autorité, de sa sacralité, de l’organisation sociale des sociétés agro-autoritaires, de l’interprétation de l’individu, du couple humain. Le Christ en cage est entre les mains de l’empereur et de sa cour. La structuration strictement hiérarchique de toutes les affaires humaines était ainsi sacralisée.
Il n’était pas possible de comprendre l’esprit libre, créatif et subtil du jeune maître de Nazareth. Dans sa cage dorée, beaucoup ont pu le suivre.
Ils ont mis Jésus en cage sans savoir ce qu’ils faisaient et les conséquences que cela aurait pour les sociétés humaines, pour leurs relations et pour les transformations ultérieures des cultures.
L’évolution des cultures a arraché les barreaux de la cage dorée de Jésus. Finalement, l’établissement des sociétés, basées sur les connaissances, a laissé Jésus complètement libre. Cette évolution n’a pas porté atteinte à la figure de Jésus, au contraire, elle l’a laissé libre de montrer sa subtilité à ceux qui peuvent comprendre. Elle a définitivement porté atteinte au Jésus en cage.
Nous avons retrouvé le jeune maître, l’artisan d’un humble village d’un pays marginal, l’esprit libre, l’amoureux des simples et des pauvres, qui s’exprimait par des symboles et des paraboles.
Jésus libéré de la cage dorée est le plus beau cadeau de l’évolution des cultures à l’humanité.
Extrait des « Principes de l’épistémologie axiologique 9. »
https://www.academia.edu/105642402/La_jaula_de_oro_de_Jes%C3%BAs_el_Nazareno
Traduction : Régine Ringwald


