Violences sexuelles intrafamiliales
Oser nommer l’indicible.
Les violences intrafamiliales sont présentes dans de nombreux foyers, quelles que soient les catégories sociales ou religieuses. Elles demeurent invisibles. Elles prennent des formes multiples : climat incestuel, inceste dit fraternel (qui n’a rien d’amical), des attouchements, des maltraitances, des viols. Évoquer ces violences reste un tabou incompréhensible. Je pense d’ailleurs qu’un adulte qui ne souhaite pas parler de l’inceste contribue à se rendre complice de faits pervers irrépréhensibles. Même la Bible ne dissimule pas les violences intrafamiliales et ses conséquences. Le récit de Dina (Genèse 34), est l’un des textes les plus troublants à cet égard. Dina est victime d’une agression sexuelle commise par Sichem. Le texte biblique ne cherche pas à minimiser l’acte. Pourtant, un élément frappe le lecteur : Dina ne parle pas. Elle est absente des décisions qui concernent sa propre vie, son propre corps. Ce silence n’est pas anodin. Il révèle des mécanismes bien connus, la confiscation de la parole de la victime, la violence redoublée par le déni et l’instrumentalisation. Relire l’histoire de Dina, c’est reconnaître que la violence sexuelle est un problème qui n’a pas été résolu au 21e siècle. Remettre ce récit en 2026, c’est comprendre que les textes bibliques ne sacralisent pas la famille à n’importe quel prix, mais mettent en lumière ses failles, ses dérives possibles.




