ÉCOUTER JÉSUS DANS LA SOCIÉTÉ ACTUELLE
José Antonio Pagola.

Il y a encore quelques années, c’était la religion qui offrait à la plupart des gens des critères pour interpréter la vie et des principes pour l’orienter avec sens et responsabilité. Aujourd’hui, au contraire, nombreux sont ceux qui se passent de Dieu pour affronter seuls leur vie, leurs désirs, leurs peurs et leurs attentes.
Ce n’est pas une tâche facile. Il n’a probablement jamais été aussi difficile et problématique pour l’individu de s’arrêter pour réfléchir, méditer et prendre des décisions sur lui-même et sur ce qui est important dans sa vie. Nous vivons plongés dans une « culture de l’insignifiance », qui lie les personnes au « ici » et au « maintenant », les faisant vivre uniquement pour l’immédiat, sans aucune ouverture au mystère ultime de la vie. Nous évoluons dans une « culture du divertissement » qui arrache les personnes à elles-mêmes et les fait vivre en oubliant les grandes questions qui sont dans leur cœur.
L’homme d’aujourd’hui a appris beaucoup de choses, il est informé de tout ce qui se passe dans le monde qui l’entoure, mais il ne sait pas comment se connaître lui-même et construire sa liberté. Beaucoup souscriraient à la sombre description faite il y a quelques années par le directeur de La Croix, G. Hourdin : « L’homme devient incapable de vouloir, d’être libre, de juger par lui-même, de changer son mode de vie. Il devient un robot discipliné qui travaille pour gagner de l’argent, qu’il dépensera ensuite dans des vacances collectives. Il lit les magazines de mode, regarde les émissions de télévision que tout le monde regarde. C’est ainsi qu’il apprend ce qu’il est, ce qu’il veut et comment il doit penser et vivre ».
Nous avons plus que jamais besoin d’écouter l’appel évangélique : « Celui-ci est mon Fils, le bien-aimé, mon Élu. Écoutez-le ». Nous avons besoin de nous arrêter, de faire silence et d’écouter davantage Dieu révélé en Jésus. Cette écoute intérieure aide à vivre dans la vérité, à goûter la vie à ses racines, à ne pas la gaspiller n’importe comment, à ne pas passer superficiellement devant l’essentiel. En écoutant Dieu incarné en Jésus, nous découvrons notre petitesse et notre pauvreté, mais aussi notre grandeur d’êtres infiniment aimés par lui.
Chacun est libre de vivre en écoutant Dieu ou en lui tournant le dos. Mais, dans tous les cas, il y a quelque chose que nous devons tous retenir, même si cela peut paraître scandaleux et contre-culturel : vivre sans avoir un sens ultime, c’est vivre de manière insensé » ; agir sans écouter la voix intérieure de la conscience, c’est être un «inconscient».
https://www.gruposdejesus.com/2-dimanche-de-careme-a-matthieu-171-9/


