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Bétharram et le pape : la question n’est pas
Accueil Faire église autrement Bétharram et le pape : la question n’est pas
Faire église autrementTextes critiques
Par Lucienne Gouguenheim16 septembre 20260 Commentaire

Bétharram et le pape : la question n’est pas

Patrice Dunois-Canette.

Les contradictions d’un évêque et, au-delà, de l’épiscopat français

Le communiqué de Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, daté de Bayonne le 8 septembre 2026 et publié par le diocèse le 9 septembre 2026, à propos de la rencontre du pape Léon XIV avec des personnes victimes de violences sexuelles dans l’Église, à Lourdes les 26 et 27 septembre, [1] doit être lu avec attention.

Il ne constitue pas seulement une réponse à la colère du collectif des victimes de Bétharram, après l’annonce que celui-ci ne serait pas reçu par le pape Léon XIV à Lourdes. Il révèle, presque malgré lui, les contradictions auxquelles l’Église catholique française est aujourd’hui confrontée dans sa manière de penser les victimes, leur parole et, surtout, leur place dans l’institution.

Car Mgr Aillet tente de tenir ensemble deux affirmations. Il veut montrer qu’il entend les victimes, qu’il reconnaît leur souffrance et qu’il respecte le travail accompli depuis plusieurs années par le collectif de Bétharram. Mais il ne remet pas en cause, dans le même temps, le dispositif arrêté par la Conférence des évêques de France (CEF) et la CORREF pour la rencontre avec le pape. Il en résulte une tension qui traverse tout son texte : les victimes sont reconnues, mais les conditions dans lesquelles elles peuvent être entendues restent fixées par l’institution.

Une phrase qui engage beaucoup plus qu’il n’y paraît

La phrase la plus forte du communiqué est sans doute celle dans laquelle Mgr Aillet affirme que « la légitimité et la représentativité » du collectif des victimes de Bétharram et de son porte-parole Alain Esquerre « ne sauraient être mises en doute ». (diocese64.org)

Cette formulation est loin d’être anodine. L’évêque ne reconnaît pas seulement la souffrance de victimes individuelles. Il reconnaît à une organisation collective une légitimité et une représentativité. Il reconnaît donc que la parole des victimes peut être autre chose que la juxtaposition de récits personnels : elle peut devenir une parole collective, porteuse d’une mémoire commune, d’une analyse et de propositions adressées à l’institution.

Mais cette reconnaissance se heurte immédiatement à la décision de ne pas recevoir le collectif en tant que tel. Une victime de Bétharram sera bien présente parmi les sept personnes reçues par Léon XIV. Mais elle parlera de son histoire personnelle et non au nom du collectif.

La contradiction est donc assez nette : l’institution reconnaît la représentativité d’un collectif tout en refusant que cette représentativité soit directement présente dans la rencontre avec le pape.

« Ce n’est pas moi, c’est la CEF »

Mgr Aillet prend par ailleurs soin de préciser que la décision a été prise par la CEF « en lien avec la CORREF ». Cette précision est importante. L’évêque du diocèse où se trouve Bétharram ne revendique pas la décision ; il en explique les raisons, mais en attribue la responsabilité au niveau national.

Ce déplacement est compréhensible sur le plan institutionnel. Mais il dit aussi quelque chose du fonctionnement de l’épiscopat. Lorsqu’une décision est politiquement ou pastoralement difficile à assumer, la responsabilité tend à devenir collective. Mgr Aillet n’endosse pas directement le refus ; la CEF et la CORREF l’assument au nom de l’organisation de la rencontre, tandis que l’argument ultime renvoie à la volonté du pape de privilégier une rencontre « interpersonnelle ».

Cette circulation de la responsabilité pose une question essentielle : qui décide réellement de la place accordée aux victimes ?

La CEF affirme que Léon XIV a souhaité privilégier une rencontre « interpersonnelle » avec un nombre limité de victimes. C’est une indication importante, mais elle ne permet pas, à elle seule, de conclure que le pape aurait demandé l’exclusion des collectifs.

À ce jour, cette exclusion est une décision présentée et assumée par la CEF et la CORREF dans l’organisation de la rencontre ; rien, dans les déclarations publiques du pape ou du Saint-Siège que nous connaissons, ne permet d’affirmer que Léon XIV aurait personnellement refusé de recevoir le collectif de Bétharram.

Il faut donc distinguer soigneusement la volonté attribuée au pape d’avoir une rencontre personnelle avec des victimes et le choix, fait par les organisateurs français, de ne recevoir aucun collectif. Il faut éviter de prêter au pape une décision dont il n’est pas établi publiquement qu’il l’aurait prise, et qui oblige en revanche l’épiscopat français à assumer clairement ses propres choix. Car si Léon XIV a souhaité rencontrer directement des victimes, cela ne signifie pas nécessairement qu’il aurait interdit qu’un collectif représentatif soit reçu dans un autre cadre. La question de savoir qui a décidé que cette représentation collective ne devait pas avoir accès au pape reste donc entière.

Le paradoxe d’une « rencontre interpersonnelle »

L’argument des sept victimes repose sur une conception particulière de la représentativité. Mgr Pierre-Antoine Bozo, évêque coadjuteur de La Rochelle et Saintes et porte-parole de la Conférence des évêques de France (CEF), est particulièrement concerné par le dossier Bétharram. Lorsqu’il était évêque de Limoges, son diocèse avait en effet été directement confronté à des signalements concernant des religieux de Bétharram ayant exercé dans le diocèse. Il intervient donc aujourd’hui avec une double expérience : celle d’un évêque qui a eu à gérer localement les conséquences des révélations, et celle d’un porte-parole chargé désormais d’exprimer la position de l’épiscopat français. C’est à ce titre qu’il a expliqué que de nombreuses demandes avaient été examinées et que la CEF et la CORREF avaient cherché à réunir des victimes présentant une diversité de situations et de profils.

Il s’agit donc de construire une sorte d’échantillon de victimes : différentes situations, différents âges au moment des faits, différents cadres ecclésiaux. Cette démarche peut être parfaitement légitime si l’objectif est de permettre au pape d’entendre plusieurs expériences personnelles.

Mais elle pose un problème dès lors qu’on la présente comme une forme de « représentativité ». Car il existe une différence fondamentale entre être choisi pour représenter une diversité de situations et être mandaté par un collectif de victimes pour porter une parole collective.

Dans le premier cas, c’est l’institution qui choisit.

Dans le second, ce sont les victimes qui s’organisent et choisissent leurs représentants.

Or l’affaire Bétharram se situe précisément à cet endroit : qui a le pouvoir de dire qui représente les victimes ?

Une affaire qui n’est plus seulement individuelle

La difficulté est encore plus grande lorsqu’on regarde ce que les révélations sur Bétharram ont fait apparaître.

Le rapport indépendant publié en juin 2026 ne permet plus de considérer l’affaire comme une simple succession d’actes individuels. Il met en évidence des mécanismes institutionnels ayant favorisé la durée des violences : concentration du pouvoir, faiblesse des contre-pouvoirs, mécanismes de silence et protection de l’institution.

Si l’on accepte ce diagnostic, la réponse ne peut pas être uniquement individuelle. À un problème systémique doit correspondre une réponse qui comporte elle aussi une dimension institutionnelle.

C’est ce que revendique le collectif de Bétharram lorsqu’il souhaite rencontrer le pape. Il ne demande pas seulement que soit entendue l’histoire de telle ou telle victime. Il veut porter une mémoire collective et présenter des propositions sur ce que l’Église devrait changer.

C’est pourquoi la formule de la « rencontre interpersonnelle » ne suffit pas entièrement à répondre à la revendication du collectif. Elle répond à la question de savoir comment le pape peut écouter quelques victimes. Elle ne répond pas à celle de savoir comment une institution peut dialoguer avec ceux qui se sont constitués collectivement pour demander sa transformation.

Les évêques : une même évolution, une même limite

C’est à ce stade que les prises de parole des autres évêques prennent tout leur intérêt. Elles montrent que les tensions révélées par le communiqué de Mgr Aillet ne tiennent pas seulement à sa personnalité ou à ses choix propres. Elles renvoient à une difficulté plus profonde, qui traverse aujourd’hui l’épiscopat français : comment reconnaître pleinement la parole et la représentativité des victimes sans renoncer, pour autant, à la maîtrise institutionnelle de la manière dont cette parole est entendue et prise en compte ?

Depuis 2025, plusieurs évêques ont adopté un langage nouveau. Mgr Jean-Marc Micas, évêque de Tarbes et Lourdes, avait réagi en février 2025 aux accusations visant Ange Mur en exprimant sa « profonde tristesse » et sa « honte ». Il avait insisté sur la nécessité que les victimes puissent enfin parler et être entendues et avait pris des mesures conservatoires contre le diacre dès qu’il avait été informé des faits.

Cette réaction marque une évolution réelle. Les victimes ne sont plus renvoyées au silence ; leur parole est reconnue comme nécessaire. Mais lorsque Mgr Micas intervient en septembre 2026 sur la rencontre de Lourdes, il pose un principe inversement restrictif : aucun collectif, « ni de Bétharram ni d’ailleurs », ne sera reçu.

Il ne faut pas nécessairement y voir une contradiction personnelle. Mais la tension est réelle : on affirme que les victimes doivent pouvoir parler, tout en décidant institutionnellement de la manière dont elles pourront parler.

Mgr Pierre-Antoine Bozo offre un autre éclairage. Alors évêque de Limoges, il avait été confronté aux accusations concernant le père Henri Lamasse, religieux de Bétharram ayant exercé dans son diocèse. Le diocèse avait indiqué ne pas avoir eu connaissance des faits reprochés lors de l’arrivée du prêtre et avait, après de nouveaux signalements, transmis les informations à la justice.

Il faut être rigoureux : l’affirmation « nous ne savions pas » ne constitue pas en elle-même la preuve d’une faute. Mais elle soulève une question institutionnelle fondamentale. Lorsqu’une institution découvre que des violences ont pu se produire pendant des années sans être détectées, doit-elle seulement améliorer ses procédures ou doit-elle aussi interroger les mécanismes qui l’ont empêchée de savoir ?

La même question apparaît chez Mgr Jean-Paul James. En mars 2025, l’archevêque de Bordeaux avait expliqué que son diocèse n’avait pas connaissance des faits reprochés au père Lamasse lorsqu’il était arrivé dans le diocèse, tout en rappelant les dispositifs d’écoute, de prévention et le protocole établi avec les procureurs. Il affichait l’objectif d’une Église diocésaine constituant une « maison sûre ».

Là encore, les mesures sont nécessaires. Mais elles ne suffisent pas à épuiser la question posée par Bétharram. Une « maison sûre » n’est pas seulement une institution dotée de bonnes procédures. C’est aussi une institution dans laquelle existent suffisamment de contre-pouvoirs pour que la parole d’un enfant, d’un parent ou d’un salarié puisse remonter jusqu’à ceux qui ont le pouvoir d’agir.

La CEF reconnaît les défaillances, mais le problème est celui du pouvoir

La propre déclaration de la CEF du 20 février 2025 est révélatrice. Elle reconnaissait que les contrôles et inspections réalisés pendant plusieurs décennies n’avaient pas permis de mettre au jour la réalité des violences à Bétharram. Elle affirmait également sa volonté d’écouter et d’accompagner les victimes et de renforcer la lutte contre les abus.

C’est une reconnaissance importante.

Mais le rapport indépendant de 2026 conduit à poser une question plus profonde : pourquoi les contrôles ont-ils échoué ?

La réponse ne peut pas être seulement technique. Elle concerne nécessairement les rapports de pouvoir, la culture de l’institution, les mécanismes de silence et la faiblesse des contre-pouvoirs.

C’est là que la question des collectifs de victimes prend tout son sens.

Car un collectif n’est pas seulement un lieu où des personnes traumatisées peuvent se retrouver. Il peut devenir un contre-pouvoir. Il peut conserver la mémoire des faits, confronter les versions institutionnelles, demander des comptes, proposer des réformes et vérifier leur mise en œuvre.

Et c’est précisément cette fonction qui peut rendre les collectifs plus difficiles à intégrer dans une relation institutionnelle classique.

L’épiscopat sait désormais écouter. Accepte-t-il de partager le pouvoir ?

Il serait injuste de prétendre que rien n’a changé dans l’Église française. Le changement est considérable. La parole des victimes est aujourd’hui beaucoup plus largement reconnue. Les diocèses ont créé des cellules d’écoute, renforcé les procédures de signalement et développé des relations avec la justice. Des évêques parlent publiquement de honte, de responsabilité et de réparation.

Mais une question nouvelle apparaît.

L’Église peut-elle passer de :

« Nous devons vous écouter »

à :

« Nous devons accepter que votre parole transforme notre manière de décider » ?

Écouter ne signifie pas partager le pouvoir.

Accompagner ne signifie pas donner un droit de regard.

Réparer ne signifie pas accepter un contre-pouvoir.

Consulter ne signifie pas codécider.

Or les victimes de Bétharram demandent précisément que leur parole ne soit pas seulement reçue, mais qu’elle puisse contribuer à déterminer ce que l’Église doit changer.

C’est pourquoi l’exclusion du collectif de la rencontre avec Léon XIV prend une portée symbolique qui dépasse largement l’organisation pratique d’une rencontre.

La contradiction fondamentale

Le communiqué de Mgr Aillet est finalement révélateur parce qu’il contient lui-même les deux termes de cette contradiction.

Il affirme que le collectif est légitime et représentatif. Il reconnaît son rôle dans la révélation de l’ampleur des violences à Bétharram. Il affirme qu’il est important que les victimes soient associées aux mesures qui seront prises.

Mais, dans le même temps, c’est l’institution qui choisit les interlocuteurs, fixe le nombre de personnes, définit le cadre de la rencontre et détermine que les collectifs ne seront pas reçus.

L’Église reconnaît donc la parole des victimes tout en conservant la maîtrise des conditions de cette parole.

Ce paradoxe traverse les différentes interventions épiscopales. Chez Mgr Micas, on retrouve la volonté d’entendre les victimes, mais aussi la décision de ne pas recevoir les collectifs. Chez Mgr Bozo et Mgr James, la reconnaissance des défaillances et le développement des dispositifs de protection sont accompagnés d’une interrogation encore insuffisamment poussée sur les mécanismes institutionnels qui ont permis de ne pas savoir. Chez la CEF, la reconnaissance des échecs du passé s’accompagne d’un discours volontariste sur la prévention, mais la question des contre-pouvoirs demeure centrale.

Il ne s’agit donc pas de mettre en accusation individuellement chacun de ces évêques. Il s’agit de constater une tension propre à l’institution.

L’épiscopat français a appris à reconnaître les victimes comme des sujets de souffrance. Il lui reste à les reconnaître pleinement comme des sujets de transformation de l’institution.

De « nous ne savions pas » à « nous devons partager le pouvoir »

On peut ainsi lire l’évolution du discours ecclésial en plusieurs étapes.

Hier, l’institution pouvait répondre : « Nous ne savions pas. »

Puis elle a dû apprendre à dire : « Nous devons écouter les victimes. »

Elle affirme aujourd’hui : « Nous reconnaissons leur légitimité et leur représentativité. »

La prochaine étape est beaucoup plus exigeante :

« Nous devons accepter que les victimes et leurs représentants participent à la définition, au contrôle et à l’évaluation des transformations de l’Église. »

C’est là que se trouve le véritable enjeu de Bétharram.

Car si le rapport indépendant a raison de mettre en évidence la concentration du pouvoir et la faiblesse des contre-pouvoirs comme des éléments permettant de comprendre la durée des violences, alors reconnaissant sa légitimité. Il refuse de contester sa représentativité. Il affirme même que les victimes doivent être associées aux décisions ; la réforme ne peut pas consister uniquement à créer de nouvelles procédures.

Elle doit aussi créer de nouveaux rapports de pouvoir.

Et les collectifs de victimes peuvent précisément jouer ce rôle.

Le paradoxe de Lourdes

C’est pourquoi le communiqué de Mgr Aillet peut être lu comme un texte à la fois conciliant et révélateur.

Il tend la main au collectif en reconnaissant sa légitimité. Il refuse de contester sa représentativité. Il affirme même que les victimes doivent être associées aux décisions futures.

Mais il ne propose pas de mécanisme concret permettant cette association. Il ne promet pas que le collectif sera reçu. Il ne demande pas que sa représentation soit intégrée au dispositif. Il ne précise pas quelle place institutionnelle lui sera accordée après Lourdes.

Le texte atteint ici sa limite.

La reconnaissance symbolique est désormais acquise. La question est celle de la reconnaissance institutionnelle.

Et celle-ci suppose davantage qu’une écoute : elle suppose une place, des droits, des moyens de contrôle et, peut-être, l’acceptation de véritables contre-pouvoirs.

L’enjeu dépasse donc largement la composition de la rencontre avec Léon XIV le 27 septembre. Il tient à la place que l’Église entend réellement accorder aux victimes dans les décisions qui suivront. Car reconnaître leur parole et leur représentativité ne suffit pas : encore faut-il leur permettre de peser sur les choix et les transformations qu’elles demandent. C’est sur ce point que le communiqué de Mgr Aillet, comme les prises de parole de plusieurs autres évêques et de la CEF, fait apparaître une contradiction majeure : l’Église affirme vouloir associer les victimes, tout en continuant à définir elle-même les conditions et les limites de cette participation.

L’Église française est désormais prête à entendre les victimes. Mais est-elle prête à accepter que les victimes puissent, avec elle, décider de ce qu’elle doit devenir ?

C’est probablement la question la plus importante que Bétharram pose aujourd’hui à l’épiscopat français.

La rencontre de Lourdes ne doit donc pas être considérée comme un point final. La mobilisation des victimes de Bétharram, de leurs proches et de tous ceux qui les soutiennent a montré qu’une parole longtemps dispersée pouvait devenir une force collective capable d’interpeller l’institution.

Si le collectif n’est pas reçu par le pape, ses demandes ne disparaissent pas pour autant. Elles demeurent, et avec elles la question de la reconnaissance, de la réparation et des transformations nécessaires au sein de l’Église.

Lourdes ne doit pas refermer le dossier Bétharram : ce qui se jouera après le 27 septembre sera aussi la capacité des victimes et de ceux qui les soutiennent à maintenir la pression pour que leur parole soit entendue et qu’elle produise des changements réels.

[1] https://diocese64.org/communique-de-mgr-marc-aillet-a-propos-de-la-rencontre-du-saint-pere-a-lourdes-avec-des-personnes-victimes-de-violences-sexuelles-dans-leglise/

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