Chemin synodal allemand : nouvelle rencontre à Rome
Régine et Guy Ringwald.

On se souvient qu’à la veille de l’assemblée des évêques, en février, le Vatican avait frappé un grand coup -une lettre signée par trois cardinaux de la Curie- pour empêcher que soit mise à l’ordre du jour la mise en place d’une commission devant préparer la mise en place d’un Comité synodal. Cet organe permanent paritaire (évêques et laïcs) à l’échelon national aurait pour fonction de prendre les décisions concernant l’Église catholique d’Allemagne. Mais un tel dispositif est très mal vu à Rome qui doute de sa conformité au droit canonique, et surtout, qui tient au maintien du pouvoir de l’évêque dans son diocèse.
La conférence avait dû battre en retraite malgré les protestations des laïcs du ZdK (Zentralkomitee der deutschen Katholiken), mais trois rencontres devaient se tenir ce printemps à Rome. La première a eu lieu le 22 mars, la seconde vient d’avoir lieu le 28 juin. Entre-temps, la commission synodale avait finalement tenu sa deuxième réunion, les 14 et 15 juin, au cours de laquelle ont été créées trois commissions de 10 membres, dont la première portera sur « l’organisation possible d’un Conseil synodal ». La commission s’est adjoint un nouveau membre en la personne de Mara Klein, une associée de recherche de l’université de Munster « non binaire et transgenre ».
Un communiqué conjoint de la Conférence des évêques allemands et de la curie a été rendu public à l’issue de la rencontre. Il en ressort que différents aménagements doivent être apportés au projet « d’un éventuel organisme synodal national », mais ne sont pas rendus publics. Il est toutefois précisé que la curie « aimerait voir un changement de dénomination », sans plus de précision. Pour assurer le maintien du statut de l’évêque, en ce qui concerne le positionnement de l’« organisme synodal », il est convenu qu’«il n’est ni au-dessus ni au même niveau que la Conférence épiscopale ».
Pour la suite, « une Commission mise en place par le Comité synodal traitera des questions relatives à la synodalité et à la structure d’un organe synodal. Elle opérera en contact étroit avec une Commission similaire composée de représentants des dicastères compétents pour la rédaction d’un projet ».
La prochaine rencontre est renvoyée après la session d’octobre du synode romain.
Résumons : on évite le blocage, mais le projet perd toujours un peu plus de son aspect novateur quant au gouvernement de l’Église catholique allemande, et le contrôle de Rome ne se relâche pas.
Golias Magazine n°825


