Gaza : comment la société civile soulage la population pendant sa longue épreuve
Laurent Baudoin nous transmet les dernières nouvelles envoyées par Ziad Medoukh. Notre ami et correspondant à Gaza insiste sur le rôle essentiel de la société civile pour soulager une population abandonnée, principale victime des représailles disproportionnées d’Israël après les violents attentats du 7 octobre.
Avec son style habituel, délicatement dépouillé de pathos, Ziad décrit les efforts de ses concitoyens pour préserver leur dignité. « Survivre encore un jour, une heure, obstinément… Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux… », chantait Jean Ferrat dans Nuit et Brouillard. Des expressions reprises à l’identique par les Gazaouis : lutter pour survivre est la condition de leur dignité.
Que sera le monde après Gaza ? Que restera-t-il de la justice internationale, des « valeurs » occidentales, laïques ou religieuses ? Si nous osons voir la réalité en face et faisons appliquer enfin le droit international, alors ce carnage s’arrêtera.
Lettre de Ziad Medoukh – 16 juin 2025
GAZA : COMMENT LA SOCIÉTÉ CIVILE SOULAGE LA POPULATION PENDANT SA LONGUE ÉPREUVE

La société civile joue un rôle très important dans la vie palestinienne. Elle se compose d’hommes et de femmes, de personnes plus ou moins indépendantes, d’écrivains, d’intellectuels, de médecins et de soignants, etc., ainsi que d’associations.
Avant les attentats du 7 octobre 2023, suivis de cette terrible agression sur la bande de Gaza, qui dure aujourd’hui depuis plus de 20 mois, la société civile était déjà bien organisée et faisait un travail remarquable. Mais elle était aussi un peu perdue, plus ou moins divisée par les problèmes interpalestiniens existant entre l’Autorité palestinienne et le nombre considérable de partis qui dominaient la scène politique dans l’enclave palestinienne isolée.
L’organisation politique
En Palestine, c’est-à-dire en Cisjordanie et à Gaza, il y a 13 partis et mouvements politiques : 4 partis du mouvement national (comme le Fatah et ses alliés attachés à l’Autorité palestinienne), 4 partis de la gauche palestinienne (le Front Populaire Démocratique, le Front populaire, le Parti du Peuple, etc.), 3 partis de connotation plus ou moins religieuse et deux partis qui se présentent comme indépendants. Les deux partis dominants sont le Fatah, créé en 1957, qui domine l’Autorité palestinienne constituée en 1994 après les accords d’Oslo, et le Hamas, fondé Hamas en 1987, qui a gagné les élections législatives palestiniennes en 2006.
Jusqu’à 2023, l’Autorité palestinienne, implantée à Ramallah en Cisjordanie, avait beaucoup de partisans à Gaza, notamment des fonctionnaires qui occupaient des postes dans le secteur de la santé et de l’éducation. Malgré les pourparlers et les tentatives de rassemblement, la division entre le gouvernement de Gaza, créé par le parti ayant gagné les élections de 2006, et le gouvernement national existe toujours. Les autres partis n’existent plus ou n’ont pas les moyens de se faire entendre.
La société civile
La société civile et les associations jouent un rôle beaucoup plus important depuis le début de cette terrible agression. À travers son organisation et son travail remarquable, elle a beaucoup aidé la population à supporter la situation inhumaine qu’elle traverse.
Depuis le 7 octobre 2023 et jusqu’à aujourd’hui, on remarque l’absence de l’Autorité palestinienne, l’absence du gouvernement de Gaza et celle des autres partis politiques. La population est abandonnée. Les organisations internationales étant très peu présentes également, c’est la société civile qui a remplacé ces instances et joué cinq rôles très importants pour la survie du peuple gazaoui.
Illustration : Photo prise à Gaza au mois de mai 2025



