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« Ce qui manque dans ce monde, ce sont les émerveillés »
Home Opinions & Débats Éditorial « Ce qui manque dans ce monde, ce sont les émerveillés »
ÉditorialOpinions & Débats
By Lucienne Gouguenheim15 novembre 20250 Comments

« Ce qui manque dans ce monde, ce sont les émerveillés »

Bernard Ginisty.

Éric-Emmanuel Schmitt est aujourd’hui un des auteurs français contemporains les plus lus dans le monde. Dans une série d’entretiens qu’il a publié sous le titre Plus tard, je serai un enfant, il montre comment le cœur de son œuvre est au service de la grâce reçue lors de la Nuit de feu (1) qu’il vécut dans le désert du Hoggar où il s’était égaré : « Une présence m’incendie. Je comprends que tout a un sens. La grâce de cette nuit ne me quitte plus. (…) J’ai décidé de devenir le scribe de cette joie. (…) Platon assurait que la qualité originelle du philosophe consiste à s’étonner. Si je colore son postulat d’affectivité, cela donne ma position d’écrivain : l’émerveillement. Mes personnages vivent chaque jour comme si c’était le premier. Ils disent bonjour au monde, pas adieu » (2).

« À 28 ans, la foi me restituera l’esprit d’enfance ; aujourd’hui, le croyant que je suis devenu ne se juge pas très différent du garçon incroyant et néanmoins confiant que j’étais. La foi ne m’apprend rien – elle ne dispense pas de savoir supplémentaire au sens où la science en fournit – elle rénove le rapport à l’inconnu. Je fais crédit à ce qui m’échappe. Croire m’a rendu l’émerveillement et la déférence des premiers temps face au mystère » (3). Cette attitude le met en porte-à-faux avec une époque où le désenchantement a pignon sur rue et qui « assimile l’optimiste à l’idiot du village ». Ainsi, écrit-il, « L’enfant faillit mourir plusieurs fois en moi : l’enfant créatif fut enseveli sous des enseignements ; l’enfant philosophe, qui s’étonne, qui s’interroge, qui réfléchit, se persuada à vingt ans de détenir la science et se dispensa de chercher encore ; l’enfant joueur risque d’être broyé par l’esprit de sérieux » (4). C’est à l’art de vivre de commencements en commencements qu’il nous invite : « Je refuse la fatigue de vivre. Je proscris le sentiment de déjà-vu ou de déjà-entendu. Je casse toute habitude. J’entends cultiver la fraîcheur, la saveur de la première fois, la naïveté éternelle. L’art m’y aide. Quand j’admire un tableau ou que j’écoute une musique, je deviens vierge, neuf, j’assiste à une épiphanie. L’aube scintille » (5).

Interrogé sur son métier d’écrivain, il répond ceci : « Un talent demeure vain s’il ne s’enrôle qu’au service de lui-même. Je dois vivre et écrire à partir de mon âme qui a vu. À l’heure actuelle, alors qu’on tue en se réclamant de Dieu, j’agis pour respecter en l’autre le même que moi. Les amis de Dieu restent ceux qui le cherchent, pas les usurpateurs qui jacassent en son nom en prétendant l’avoir trouvé (…) Dieu ne se prouve pas par la raison et aucune religion n’est vraie ou fausse. Tolérer la croyance d’autrui découle de l’acceptation de notre ignorance commune (…) Pour ma part, j’ai conscience que je ne sais rien, mais j’habite l’inconnaissance sous la lumière de Dieu et de la révélation chrétienne ». Pour lui, « dans ce monde, ce ne sont pas les occasions de s’émerveiller qui manquent, mais les émerveillés » (6).

D’autres écrivains ont témoigné de leur cheminement vers l’admiration. Dans un ouvrage publié suite à son best-seller Dieu existe, je l’ai rencontré où il raconte sa conversion, l’écrivain et journaliste André Frossard écrivait ceci : « Il y a peu de probabilité que l’on trouve Dieu si l’on n’a pas gardé, sauvé ou recouvré cette faculté d’admirer qui fait briller le regard de l’enfance et qu’émoussent, avec l’âge, l’habitude, et certaine forme d’éducation bien française où la crainte maladive d’être dupe conduit à nier par principe et à s’aveugler par précaution. Le poète est celui qui voit sans regarder, disait Paul Claudel. L’éducation française fait des poètes qui regardent sans voir, et qui s’en veulent toute leur vie de n’avoir pas dit avant Paul Valéry : “Le Parthénon, c’est d’abord un tas de pierres”, beau sujet de dissertation pour un concours de grutiers. On ne trouvera pas Dieu, si l’on rejette d’emblée l’hypothèse d’une beauté surpassant le prévisible » (7).

C’est cette « beauté surpassant le prévisible » qui conduit Albert Camus, contemplant la splendeur du site algérien de Tipasa qui avait enchanté sa jeunesse méditerranéenne, à écrire ces lignes au retour d’une Europe qui sort à peine des horreurs de la guerre et des camps de la mort : « À midi sur les pentes à demi sableuses et couvertes d’héliotropes comme d’une écume qu’auraient laissée en se retirant les vagues furieuses des derniers jours, je regardais la mer qui, à cette heure, se soulevait à peine d’un mouvement épuisé et je rassasiais les deux soifs qu’on ne peut tromper longtemps sans que l’être se dessèche, je veux dire aimer et admirer. Car il y a seulement de la malchance à n’être pas aimé : il y a du malheur à ne point aimer. Nous tous, aujourd’hui, mourons de ce malheur. C’est que le sang, les haines décharnent le cœur lui-même ; la longue revendication de la justice épuise l’amour qui pourtant lui a donné naissance. Dans la clameur où nous vivons, l’amour est impossible et la justice ne suffit pas. C’est pourquoi l’Europe hait le jour et ne sait qu’opposer l’injustice à elle-même. Mais pour empêcher que la justice se racornisse, beau fruit orange qui ne contient qu’une pulpe amère et sèche, je redécouvrais à Tipasa qu’il fallait garder intactes en soi une fraîcheur, une source de joie, aimer le jour qui échappe à l’injustice, et retourner au combat avec cette lumière conquise. J’avais toujours su que les ruines de Tipasa étaient plus jeunes que nos chantiers ou nos décombres. (…) Au milieu de l’hiver, j’apprenais enfin qu’il y avait en moi un été invincible » (8).

Analysant les impasses dans lesquelles se fourvoient parfois les « chercheurs de Dieu », le philosophe Maurice Blondel s’exprime ainsi : « Au moment où l’on semble toucher Dieu par un trait de pensée, il échappe, si on ne le garde, si on ne le recherche par l’action. Partout où l’on reste, il n’est pas ; partout où l’on marche, il est. C’est une nécessité de passer toujours outre, parce que toujours il est au-delà. Sitôt qu’on ne s’en étonne plus comme d’une inexprimable nouveauté et qu’on le regarde du dehors comme une matière de connaissance ou une simple occasion d’étude spéculative sans jeunesse de cœur ni inquiétude d’amour, c’en est fait, l’on n’a plus dans les mains que fantôme et idole. Tout ce qu’on a vu et senti de lui n’est qu’un moyen d’aller plus avant ; c’est une route, l’on ne s’y arrête donc pas, sinon ce n’est plus une route. Penser à Dieu est une action » (9).

(1) Éric-Emmanuel SCHMITT : La nuit de feu, éditions Albin-Michel, 2015.

(2) Éric-Emmanuel SCHMITT : Plus tard, je serai un enfant, éditions Bayard, 2017, page 96.

(3) Id. pages 105-106.

(4) Id. page 12.

(5) Id. page 137.

(6) Id. pages 118-120.

(7) André FROSSARD (1915-1995) : Il y a un autre monde, éditions Le Passeur, 2024, pages 113-114.

(8) Albert CAMUS (1913-1960) : Retour à Tipasa, in Essais, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard Paris 1965 p. 873-875.

(9) Maurice BLONDEL (1861-1949) : L’Action (1893) Presses Universitaires de France, 1950, page 352.

https://www.garriguesetsentiers.org/2025/10/ce-qui-manque-dans-ce-monde-ce-sont-les-emerveilles.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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