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Leonardo Boff : écologie, spiritualité et libération
Home Faire église autrement Leonardo Boff : écologie, spiritualité et libération
Faire église autrementVisages d'évangile
By Lucienne Gouguenheim26 décembre 20250 Comments

Leonardo Boff : écologie, spiritualité et libération

Juan José Tamayo.

Je t’écris pour t’exprimer mon amitié et ma reconnaissance pour ton long parcours sur la voie de la libération des personnes les plus vulnérables, des communautés appauvries, des peuples opprimés et de la nature pillée.

Cher Leonardo,

Je ne veux pas manquer la célébration de ton 87e anniversaire, le 14 décembre. Je t’écris pour t’exprimer mon amitié et ma reconnaissance pour ton long parcours sur la voie de la libération des personnes les plus vulnérables, des communautés appauvries, des peuples opprimés et de la nature pillée.

Notre rencontre

Nous nous sommes rencontrés il y a quarante-huit ans. C’était en 1977, lors de la Semaine internationale de théologie sur « Jésus-Christ dans l’histoire et dans la foi », organisée par la Fondation Juan March. Certains des théologiens européens les plus prestigieux y ont participé, parmi lesquels le Français Christian Duquoc, les Allemands Walter Kasper, Ernts Käsemann et Wolfhart Pannenberg, et l’Espagnol José María González Ruiz.

Tu étais le plus jeune théologien, le seul non européen, le théologien venu du Sud qui discutait d’égal à égal et en profondeur avec tes collègues du Nord, avec la crème de la théologie européenne. Ta conférence portait sur Jésus-Christ libérateur depuis l’Amérique latine opprimée. Ce n’était pas un discours facile, et encore moins démagogique, mais rigoureux, bien que partant d’une logique différente de la logique eurocentrique : celle des opprimés, qui rompait avec les règles de la logique des satisfaits.

Je me souviens que lors d’un des débats avec Pannenberg, peut-être le plus tendu et le plus intellectuellement élevé de toute la semaine, le théologien allemand t’a rappelé que la théologie est l’intelligence de la foi. À quoi tu as répondu : « Professeur, vous avez raison, mais c’est aussi un souffle de vie et une force de libération pour les pauvres et les opprimés ».

Trois ans plus tard, nous nous sommes retrouvés dans les Asturies lors d’un congrès sur la IIIe Conférence de l’épiscopat latino-américain qui s’est tenue à Puebla (Mexique) en présence du secrétaire général du CELAM, Mgr Quarrachino, qui s’est comporté de manière autoritaire et verbalement violente à ton égard, sans toutefois apporter d’arguments solides à tes critiques. C’est lors de cette rencontre que nous avons commencé à forger notre amitié, qui dure encore aujourd’hui.

Depuis lors, nous nous sommes rencontrés à de nombreuses reprises lors de congrès sur la théologie de la libération dans différents endroits de la planète, principalement en Espagne et dans plusieurs pays d’Amérique latine, sans compter notre correspondance épistolaire permanente, les critiques de nos livres et tes préfaces à mes ouvrages La teología de la liberación en el nuevo escenario político y religioso (Tirant, Valence, 2011, 2e éd.) et Cristianismo radical (Trotta, Madrid, 2025, 3e éd.), pour lesquels je ne cesserai jamais de te remercier.

En 1999, j’ai écrit le livre Leonardo Boff. Ecología, mística y liberación (Desclée de Brouwer, Bilbao, 1999). J’y retrace la longue conversation que nous avons eue pendant plusieurs jours chez moi à Madrid en octobre 1997, je dresse ton profil intellectuel et je présente de manière systématique tes principales contributions dans le domaine théologique, tout en accordant également une attention particulière à tes études sur l’écologie, la cosmologie et l’anthropologie. Le livre reste d’actualité, car nous avons abordé ces thèmes en nous tournant vers l’avenir.

Nous nous sommes retrouvés à plusieurs reprises lors des Forums sociaux mondiaux, où nous avons créé le Forum mondial de théologie et de libération (FMTL). Je me souviens de deux de ces rencontres : celle de Porto Alegre (Brésil), qui s’est tenue en 2005 sous le slogan « Théologie pour un autre monde possible », et celle de Belém do Pará (Brésil) en 2009, dont le thème était « Terre, eau et théologie pour un autre monde possible ». Je garde en mémoire le dialogue animé que tu as eu lors du Forum de 2009 avec ta compatriote, l’écologiste Marina Silva. Je ne me souviens pas si tu as participé au FMTL de Nairobi (Kenya) intitulé « Spiritualité pour un autre monde possible ».

Avant la pandémie, nous nous sommes rencontrés à plusieurs reprises à Mexico, Puebla de los Ángeles et Monterrey lors des congrès organisés par le collectif Amerindia et la Fondation Valores. Récemment, nous avons participé virtuellement aux 41e et 44e congrès de théologie, organisés par l’Association espagnole des théologiennes et théologiens Jean XXIII et d’autres collectifs chrétiens de base. Tes conférences ont été très bien accueillies et évaluées.

Celle du 21e congrès s’intitulait « Vers une Église samaritaine et protectrice de la nature », dans laquelle tu as parlé de la confrontation entre deux paradigmes civilisationnels : celui du dominus, dominateur de la nature, et celui du frater, du frère et de la sœur, inspiré de l’encyclique du pape François Fratelli tutti. Celle du 24e Congrès a porté sur « Les chemins de la paix : Shalom et justice ». « La paix, as-tu dit, n’est possible que dans la mesure où les individus et les collectivités sont disposés à développer de manière organisée la coexistence, le respect, la coopération et l’amour ».

Questions qui t’interpellent

Au cours de tes quatre-vingt-sept années de vie, tu as suivi un parcours fructueux qui bifurque en de multiples chemins : l’expérience religieuse, la théologie, l’écologie, la politique, le monde universitaire, les forums mondiaux de théologie et de libération au sein des Forums sociaux mondiaux, les congrès d’Amerindia, l’accompagnement des communautés ecclésiales de base, du MST…

« Voyageur, il n’y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant », dit Antonio Machado. Tu as fait ton chemin en marchant, laissant des traces là où tu es passé et où tu continues de passer. Et toujours à partir d’une pensée critique, de l’expérience de la tendresse, du cœur, de l’amour de la Pacha Mama et de la suite de Jésus de Nazareth, le Christ libérateur, sur lequel tu as écrit la première christologie latino-américaine historiquement significative en 1972. D’autres suivront ensuite, écrites par des collègues et des amis, parmi lesquelles celles de Juan Luis Segundo et Jon Sobrino.

Je te reconnais comme l’un des théologiens les plus innovants de la théologie latino-américaine, proposant une éthique centrée sur les « vertus pour un autre monde possible », sur la construction d’une fraternité sororale éco-humaine et d’une théologie de la captivité et de la libération.

« Le meilleur de la religion, écrivait Bloch dans le frontispice de son livre L’athéisme dans le christianisme, c’est qu’elle crée des hérétiques ». Je pense que tu es un excellent exemple de cet aphorisme, en remplaçant peut-être « hérétique » par « hétérodoxe ». C’est là que réside la créativité dans tous les domaines de ton être, de ton savoir et de ton activité humaine dans lesquels tu as travaillé et continues de travailler sans relâche. Ta vie et ta pensée démontrent que tu es un intellectuel qui brise les schémas (et certains crânes endurcis de collègues, d’évêques et d’un inquisiteur, autrefois ton mécène), que tu ouvres de nouveaux horizons et que tu proposes des alternatives là où il semble n’y avoir aucune issue ou où l’on croit qu’il n’y en a qu’une seule.

Je te reconnais comme l’un des théologiens les plus innovants de la théologie latino-américaine, qui propose une éthique centrée sur les « vertus pour un autre monde possible », sur la construction d’une fraternité sororale éco-humaine et d’une théologie de la captivité et de la libération.

Dans ton travail théologique, tu as su concilier de manière exemplaire, pendant plus de cinq décennies, la rigueur méthodologique et la dénonciation prophétique, une autre façon de faire de la théologie et l’engagement politique envers les pauvres de la terre et la nature opprimée, dont tu as su écouter les cris et auxquels tu as voulu répondre par la raison cordiale et l’éthique du soin. Tu fais preuve de rigueur méthodologique en recourant à la double médiation de la théologie de la libération : socio-analytique et herméneutique, que l’on retrouve dans toutes les pages de tes livres et dans les articles qui nous surprennent souvent par leurs réflexions en bas de page pleines de profondeur et de sagesse vitale.

Tu utilises la médiation des sciences humaines et sociales pour mieux connaître la réalité, pour découvrir les mécanismes d’oppression qui portent atteinte à la vie des pauvres et à la nature, et pour libérer la théologie de sa neutralité sociale – peut-être fausse -, de sa neutralité politique – supposée – et de son indifférence éthique – seulement apparente.

Tu recoures à l’herméneutique, nécessaire à l’étude et à l’interprétation des textes fondateurs du christianisme et pour ne pas tomber dans le fondamentalisme, l’une des manifestations les plus perverses des religions qui, suivant le proverbe latin corruptio optimi pessima, transforment le vin mousseux des origines en vinaigre imbuvable. Grâce à l’herméneutique, tu analyses le pré-texte et le con-texte de ces textes, tu découvres leur sens émancipateur originel et tu t’interroges sur leur signification et leur sens aujourd’hui, à la lumière des nouveaux défis et des nouvelles questions que nous pose la dure réalité. Contrairement à d’autres collègues, qui apportent des réponses du passé à des questions du présent. Bien au contraire. Tu essayes d’apporter des réponses créatives aux questions de chaque réalité historique.

Une réalité que nous avons construite, dans laquelle nous ne pouvons pas nous installer confortablement et sans esprit critique, mais que nous sommes appelés à déconstruire pour la reconstruire de manière créative et inclusive, et un monde dans lequel tous les mondes ont leur place, devise du mouvement zapatiste. Tu réfutes ainsi le vieil adage conformiste de la pensée conservatrice : « les choses sont ce qu’elles sont et ne peuvent être autrement » et tu partages plutôt l’affirmation du philosophe de l’espoir et de l’utopie, Ernest Bloch, qui inspire une grande partie de notre théologie : « Si les faits ne coïncident pas avec la pensée, tant pis pour les faits ».

Tu es considéré, à juste titre, comme l’un des principaux cultivateurs de la théologie de la libération (TL). Tu y as accédé à partir de l’impact que t’ont produit les favelas de Petrópolis, où tu as mené un intense travail sociopastoral depuis le début des années 70 du siècle dernier. Ta réflexion théologique sous l’angle de la libération est également née de la nécessité de répondre aux questions posées par un groupe de prêtres engagés auprès des populations indigènes de la forêt amazonienne il y a maintenant cinq décennies :

– Comment annoncer la mort et la résurrection de Jésus à des indigènes qui sont exterminés et meurent des maladies des Blancs ?

– Comment annoncer la bonne nouvelle du salut aux populations exploitées ?

– Comment parler de Dieu de manière intelligible, et non cynique, à des peuples indigènes qui vivent l’expérience du sacré au contact de la nature ?

Les expériences vécues dans le monde de l’extrême pauvreté, de la marginalisation culturelle et de la prédation de la nature, d’une part, et la nécessité de répondre aux questions qui en découlaient, d’autre part, t’ont amené à te consacrer entièrement, professionnellement et personnellement, à l’élaboration de la nouvelle méthodologie de la théologie de la libération, que tu a commencée pendant ta captivité, vécue sous la dictature brésilienne et les régimes militaires du continent latino-américain, qui semblaient « éternels ».

L’écologie, au cœur de ta théologie

La théologie et le christianisme en général n’ont guère manifesté d’intérêt pour l’écologie. Tu as comblé ce vide en menant une réflexion théologique dans une perspective écologique, qui remet en question la force émancipatrice supposée – et fausse ! – du paradigme scientifique et technique de la modernité. Un paradigme sélectif, centré sur l’être humain, qui n’est ni universalisable ni intégral, ni même humain !

Comme alternative, tu proposes un nouveau paradigme dans lequel l’être humain n’est pas en concurrence avec la nature, mais en dialogue et en communication symétriques avec elle, dans des relations de sujet à sujet, et non de sujet à objet. L’être humain et la nature forment un réseau de relations multidirectionnelles caractérisées par l’interdépendance et non par l’autosuffisance, par la fragilité du monde et la vulnérabilité humaine, et non par l’omnipotence, l’insolence et l’arrogance. Il s’établit alors un pacte entre tous les êtres du cosmos, régi par la solidarité cosmique, la fraternité-sororité sans frontières, sans corporatisme ni tribalisme, et le soin, vertu fondamentale de l’éthique éco-humaine. C’est « l’option Terre », titre de l’un de tes plus beaux livres, que j’ai commenté avec d’autres dans BABELIA-EL PAÍS.

Nous sommes nombreux à suivre tes leçons d’écologie intégrale, parmi lesquelles le pape François dans son encyclique Laudato Si’ Sur la sauvegarde de la maison commune, de 2015, qui s’inspire de tes textes et de ton témoignage d’amour pour la terre, et qui commence par le Cantique des créatures, que tu as si souvent cité : « Loué sois-tu, mon Seigneur, pour notre sœur notre mère la terre, qui nous soutient, nous gouverne et produit divers fruits avec des fleurs colorées et de l’herbe… Cette sœur crie sa souffrance à cause du mal que nous lui causons par l’utilisation irresponsable et l’abus des biens que Dieu a placés en elle ». L’encyclique fait écho à tes critiques de l’anthropocentrisme, y compris l’anthropocentrisme chrétien.

« La raison ne peut s’épanouir sans espoir, et l’espoir ne peut s’exprimer sans raison », écrit Ernest Bloch dans son grand ouvrage Le principe espérance, que tu as lu en allemand pendant tes études à Munich et que tu cites souvent. La raison et l’espoir, ou plutôt l’optimisme militant, la docta spes, sont ce qui définit le mieux ta vie, ton œuvre. À 87 ans, tu continues à pratiquer « l’espoir contre toute (dés)espérance ».

Spiritualité libératrice

Je ne voudrais pas terminer sans dire quelques mots sur la spiritualité dans ta vie et ton œuvre, indissociable de la libération des êtres humains appauvris et de la nature pillée.

« Ce qui sous-tend la pratique et la théorie (théologie) libératrices, écris-tu, c’est une expérience spirituelle de rencontre avec le Seigneur dans les pauvres. Derrière toute pratique innovante de l’Église, à la racine de toute théologie véritable et nouvelle, se cache une expérience religieuse typique. Celle-ci constitue la source du mot ; tout le reste résulte de cette expérience totalisante, c’est un effort de traduction dans le cadre d’une réalité historiquement déterminée ».

La spiritualité éco-humaine mène directement à la pratique du soin, qui constitue l’essence même de l’être humain et que tu définis comme une relation non agressive ni destructrice, mais aimante et respectueuse de la réalité, de la planète dans son ensemble, des écosystèmes, de notre corps, de notre être intérieur. Il s’agit d’un art, plus que d’une technique, qui inaugure un nouveau paradigme de coexistence tridimensionnelle : être humain-vie-terre. Le principe du soin repose sur le fait que les êtres humains font partie de la nature et sont membres de la communauté biotique et cosmique, et qu’ils ont la responsabilité de la protéger et de la régénérer.

Le soin active notre sensibilité envers nous-mêmes et envers tout ce qui nous entoure. Il implique la reconnaissance et le respect de la dignité et des droits des autres et de la nature. Si les êtres humains ne prennent pas soin d’eux-mêmes, ils finissent par se déshumaniser. Si nous ne prenons pas soin de la nature, qui est notre foyer, nous nous retrouvons à la merci des éléments, sans endroit où vivre. Le soin représente le côté subjectif, affectif, comportemental, et la culture constitue l’axe central de la nouvelle relation éco-humaine, que tu reformules ainsi : « Soit nous prenons soin de la vie sous toutes ses formes, en particulier de la vie humaine, et nous prenons soin de notre maison commune, la Terre, soit nous mettons en danger notre présence sur cette planète » [1].

Le soin révolutionne la conception de l’intelligence et de la raison qui a prévalu pendant des siècles dans la culture occidentale et qui privilégiait son caractère instrumental, analytique, utilitariste et fonctionnel, se traduisant par le principe « connaître, c’est dominer ». Dans le nouveau paradigme, cette conception est corrigée et l’accent est mis sur la raison sensible, cordiale, compatissante et utopique. L’éthique du soin conduit à la compassion, qui consiste à voir, ressentir, vivre et penser la réalité du point de vue des victimes, à s’identifier à leurs souffrances et à se les approprier [2].

Je ne m’étendrai pas davantage dans cette lettre, qui se veut simplement une expression d’amitié et une manifestation de gratitude. Tu as parfois été accusé d’utopisme, accusation que je partage avec toi. Nos détracteurs ne se rendent pas compte que cette accusation, plus qu’une insulte, est un compliment. Comme dans le poème d’Eduardo Galeano, l’utopie te sert à marcher, ce qui n’est pas rien quand on a les jambes aussi brisées. C’est pourquoi, comme je l’ai dit lors de ta présentation au Congrès Amerindia 2017 à Mexico, tu ne peux ni ne veux t’agenouiller devant le pouvoir, quel qu’il soit, y compris celui du Vatican. C’est un véritable miracle ! Le miracle de l’espoir et de l’utopie. Ad multos annos, Leonardo.

Ton ami dans la tribulation et l’espoir,

Juan José Tamayo

[1] Leonardo Boff, El cuidado necesario, p. 32.

[2] He desarrollado el tema de la compasión en Juan José Tamayo, La compasión en un mundo injusto, Fragmenta, Barcelona, 2023, 2ª ed.

https://www.religiondigital.org/el_blog_de_juan_jose_tamayo/Leonardo-Boff-ecologia-espiritualidad-liberacion_7_2843185662.html

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