Des moines marchent pour la paix et des politiciens déclenchent des guerres insensées
Matthew Fox (traduction Gilles Castelnau).

Notre président est dément. Il est soutenu par des courtisans sans scrupules et par ses électeurs républicains. Il bombarde la capitale du Venezuela et kidnappe son président et sa première dame (il est vrai que leur « élection » a été très douteuse). Il se propose de « diriger » le Venezuela, alors même que le pays qui l’a élu en regrette l’élection chaque jour davantage et sombre progressivement dans le chaos.
La justification qu’il donne pour envahir une nation souveraine et destituer son président fait faire écho à celle de Vladimir Poutine justifiant son invasion de l’Ukraine.
Mais en même temps, c’est un tout autre événement qui fait la une des journaux : la marche pour la paix de 3 700 km entreprise par 19 moines bouddhistes qui entendent promouvoir « un esprit de paix, de bienveillance et de compassion ». Accompagnés d’Aloka, leur chien fétiche, ils marchent depuis leur monastère de Fort Worth, au Texas jusqu’à Washington. Ils comptent traverser dix États en 120 jours. Ils parcourent de 30 à 50 kilomètres par jour et en sont actuellement à la moitié. Un million d’abonnés les suivent sur les réseaux sociaux et de nombreuses personnes les soutiennent sur leur parcours.
Ceci nous interroge sur notre propre cheminement. Œuvrons-nous de notre mieux pour la paix, pour faire taire les fanatiques de la guerre ? Nous joignons-nous moralement à ces moines, sinon physiquement, du moins par notre attitude et notre parole en faveur de la paix, que nous soyons bouddhistes, athées, humanistes, chrétiens, juifs, musulmans, païens ou wiccans ?
L’heure est venue pour tous les êtres humains de marcher ensemble pour ce qui compte vraiment : la paix, la justice, la compassion et la bienveillance – valeurs aussi essentielles à notre survie que l’air que nous respirons et la protection de notre Terre Mère.
Si notre religion ne nous enseigne pas cela, elle ne nous aide pas vraiment et nous pouvons l’abandonner, car l’orthopraxie concrète est tout de même plus importante que l’orthodoxie religieuse.
Nous disons merci à ces moines de montrer le bon exemple en nous rappelant l’importance de la paix, de la bienveillance et de la compassion.



