L’Église polonaise enquêtera sur la gestion des abus à Cracovie sous le pontificat de Jean-Paul II
Les paroissiens progressistes.

« La sainteté de Karol Wojtyla n’exige ni une idéalisation de sa personne ni la dissimulation de ses limites, ni même de ses défauts. » Le porte-parole du diocèse de Cracovie, Piotr Studnicki, a réagi dans une récente interview à plusieurs articles suggérant une possible dissimulation de la part de Jean-Paul II lorsqu’il était archevêque du diocèse polonais comme le montre Jesús Bastante dans religiondigital.org ce mardi. Ces accusations s’inscriront dans le cadre de l’enquête qui débutera prochainement sous la direction du nouvel archevêque de Cracovie, le cardinal Rys, afin de faire la lumière sur le rôle de l’Église polonaise, de 1945 à nos jours, en matière de pédophilie. L’Église polonaise, à l’instar des Églises espagnole et italienne, a été parmi les plus réticentes à l’ouverture de toute enquête et à la prise en compte des victimes. De fait, lors du procès qui s’ouvrira en Pologne dans les prochains mois, les victimes ne seront pas entendues.
Quel a été le rôle de Karol Wojtyla ? Comme le souligne Katholisch, le futur Jean-Paul II a suspendu les ecclésiastiques coupables d’abus, leur interdisant d’exercer leurs fonctions sacerdotales. Cependant, comme l’a admis le porte-parole du diocèse : « Nous pourrions être déçus qu’il n’ait pas pris d’autres mesures qui nous paraissent aujourd’hui évidentes. » « Wojtyla n’était pas sans reproche », a souligné Studnicki, insistant sur le fait que le prélat n’avait pas su reconnaître à l’époque « l’importance d’adopter le point de vue des victimes d’abus, de les rencontrer et de les écouter ». « Il ne se souciait pas des victimes », bien qu’il ait respecté les lois étatiques et le droit canonique de l’époque.
Cela n’affecte toutefois pas sa sainteté, même si les victimes ont demandé au Vatican de réexaminer sa canonisation. « La sainteté consiste à vivre héroïquement la foi, l’espérance et l’amour malgré ses péchés, ses défauts et ses limites. Si fiers que nous soyons de ses vertus chrétiennes, nous devons aussi accepter qu’il ait commis des erreurs et qu’il ait eu des faiblesses. » Cela dit, Studnicki a conclu que les enquêtes « nous donnent l’occasion de découvrir l’humanité de Wojtyla et aussi de rectifier l’image que nous avons de sa sainteté. »
Ce dont son successeur, Gregorz Rys, est certain, c’est que la future commission d’enquête « doit nous aider à contacter les victimes avec lesquelles nous n’avons pas encore pu communiquer ». Il a donc exhorté les victimes à se manifester afin que l’Église puisse leur apporter son aide.



