Suivons la jonquille. La lumière est devant nous
Nancy Sylvester.

Il est parfois difficile de prendre du recul. La situation du monde ne semble pas s’arranger. La guerre se poursuit en Ukraine. La dévastation de Gaza se poursuit. Le dysfonctionnement du Congrès semble sans fin et la saison politique promet une plus grande polarisation.
Je repense à toutes ces années où tant d’entre nous ont été la voix de la transformation – appelant à des politiques économiques plus justes, s’attaquant à la crise climatique, préconisant une politique d’immigration nouvelle et améliorée, plaidant pour une approche non violente de la résolution des conflits et du respect de la dignité humaine de chaque personne. Et je me pose la question : est-ce que quelque chose a changé ? Avons-nous évolué vers une communauté plus aimante ?
Pendant que je priais avec Teilhard De Chardin : A Book of Hours, édité par les sœurs de Notre-Dame Kathleen Deignan et Libby Osgood, une chose que j’ai lue est restée gravée dans ma mémoire. Je n’arrive pas à m’en défaire. Teilhard a écrit :
Dans le vaste processus d’organisation d’où émerge la vie, chaque succès est payé par un grand pourcentage d’échecs. On ne peut progresser dans l’être sans payer un mystérieux tribut de larmes, de sang et de péchés. Il n’est donc pas étonnant qu’autour de nous, certaines ombres se densifient en même temps que la lumière s’intensifie : car, vue sous cet angle, la souffrance sous toutes ses formes et à tous les degrés n’est qu’une conséquence naturelle du mouvement par lequel nous sommes venus à l’existence.
Certaines ombres se densifient en même temps que la lumière s’intensifie. Je trouve de l’espoir dans cette pensée. Les deux font partie de notre réalité. Il y a des ombres qui grandissent et des lumières qui s’allument. L’évolution et la croissance prennent du temps et sont faites de succès et d’échecs, de joie et de souffrance.
Comment puis-je accepter cette réalité et continuer à y répondre sans briser l’espoir ou dissiper mon énergie ? J’ai également trouvé de la sagesse à ce sujet dans les paroles de Teilhard.
Rendre possible l’éclosion dans le cœur de l’homme de ce nouvel amour universel, si souvent vainement rêvé, mais qui se déclare enfin possible et nécessaire. Remarquez ceci : pour que les hommes de la terre, partout sur la terre, s’aiment un jour, il ne suffit pas qu’ils reconnaissent les uns dans les autres les éléments d’un seul quelque chose ; ils doivent aussi, en développant une conscience « planétaire », prendre conscience qu’ils deviennent un seul quelqu’un…
Je me suis dit que le travail humain, quelle que soit sa forme, doit être essentiellement tenace, patient, doux. En remédiant sans complaisance aux désordres et aux obstacles, un nouvel ordre se dessine et se fraie péniblement une place dans le monde.
La confiance et la patience portées par ces deux ailes, vous avez une chance de voir apparaître en vous le visage d’un Dieu.
Non : l’œuvre n’est pas encore achevée ni condamnée.
Sois heureux, cher et précieux ami. Le seul danger serait d’espérer trop peu, et de ne pas avoir assez confiance. Si jamais tu as l’impression d’une ombre quelconque, ris-en. Il y a devant nous la lumière, et seulement la lumière.
Les paroles de Teilhard ravivent en moi la conviction que l’avenir évolue vers une plus grande unité et un plus grand amour. Le mystère divin est au cœur de ce que nous et l’univers sommes en train de devenir. Nous avons un rôle très actif à jouer pour répondre à la lumière qui s’intensifie alors même que nous reconnaissons les ombres.
Les mots de Teilhard me sont venus à l’esprit alors que je remarquais les jonquilles qui poussaient dans le sol, maintenant que le printemps arrive là où je vis. J’ai commencé à imaginer que j’étais l’une d’entre elles. Je soupçonne que je pourrais ressentir l’obscurité du sol qui m’entoure comme une situation sans issue, me demandant s’il est possible de percer. Puis, sentant lentement la chaleur du soleil à travers le sol, je commencerais à m’éveiller à une nouvelle possibilité.
Lentement, régulièrement, je sors de l’obscurité de la terre pour entrer dans la lumière. La lumière m’attire vers l’avant et vers le haut jusqu’à ce que j’émerge dans mon essence… une jonquille.
Je me suis sentie soulagée et j’ai commencé à sourire. La sagesse est tout autour de moi, si seulement je peux la voir, si seulement je regarde longuement et avec amour la réalité. Prenez le temps, au printemps, quand il arrive là où vous vivez d’observer l’émergence de la vie. Gardez ces images dans votre cœur et lisez lentement la sagesse de Teilhard.
Ensuite, asseyez-vous simplement, invitant le mystère divin à travailler en vous, renouvelant votre confiance et votre patience dans le fait que nous créons lentement un « quelqu’un » planétaire, émergeant en temps voulu.
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