La plus belle fête machiste du XXIe siècle
Christian Apothéloz.

La ré-inauguration de Notre-Dame de Paris a donné lieu à un spectacle audiovisuel remarquable faisant vibrer à l’unisson en France et dans le monde tous ceux qui ont vu dans ce monument le symbole de l’Europe, de la fraternité, de la foi.
Sous les voûtes ambrées de la cathédrale retrouvée, l’édifice affecté à l’Église catholique « à titre gratuit, exclusif et perpétuel » par la loi du 2 janvier 1907 connut son retour aux offices. Le cérémoniaire devint chef d’orchestre, assurant le mouvement des officiants, présidant aux gestes dits sacrés, veillant à l’harmonie des allées et venues. Tout fut parfait pour les caméras.
Mais le spectacle est profondément choquant, car sous les chasubles conçues par le grand couturier Jean-Charles de Castelbajac, il n’y avait que des hommes. Comme s’il fallait, pour fêter le retour d’un édifice à ses fonctions liturgiques, que les hommes – et les hommes seuls – prennent les choses en main. Il en fut de même lorsque j’assistai, à Marseille, à la messe du pape François au stade Vélodrome. L’ambiance était au départ exceptionnelle : le pape accueilli par un tifo à son effigie, les chants repris par l’assemblée, l’animation joyeuse, et puis l’arrivée scénarisée des prêtres vers une tribune surplombant le peuple avec une estrade accueillant une centaine de mitrés. Pas une femme : elles furent là aussi simplement d’habiles petites mains pour distribuer l’eucharistie aux 50 000 fidèles.
Ainsi vont nos frères catholiques, dernier rempart du machisme en aube, résistant aux droits des femmes, arc-boutés sur la tradition, célébrant une seule femme, notre sœur Marie, devenue éternellement vierge et pure, inaccessible et maternante. Et pourtant que seraient les paroisses, la foi, le culte, la chrétienté sans les femmes ?
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