Le printemps manqué de François
José Arregi
Il est triste de voir un pape de 86 ans gravement malade à l’hôpital, un homme absolument accablé dès le premier jour de son élection, comme tout pape, par un système inhumain –le pouvoir absolu de la papauté– ; un homme qui ne peut pas marcher et peut à peine respirer, contraint par le système de continuer à jouer ou plutôt à faire semblant de jouer son rôle de pontife suprême, de « pont » impossible entre un « Dieu » omnipotent et une institution humaine historiquement, culturellement et spirituellement épuisée.
Ce n’est pas le moment de faire des panégyriques ou des reproches à cet homme qui est devenu l’otage de son rôle insoutenable, ni de prolonger la morbidité des rapports médicaux ou des spéculations sur le prochain conclave. Ce n’est certainement pas le moment d’encourager les pieuses prières à « Dieu » pour que l’homme Georges ou François retrouve ses forces, reprenne son rôle et achève sa mission irréalisable. Il est plutôt temps de réfléchir sérieusement et sereinement sur ce pontificat avec ses inévitables contradictions personnelles et institutionnelles. Il est temps, surtout, de réimaginer une Église de Jésus sans clergé et sans papauté.
J’apporte sur ce site deux contributions écrites pour un livre qui vient de paraître en français : Réformer ou abolir la papauté. Un enjeu d’avenir pour l’Eglise catholique. Celui d’aujourd’hui propose une évaluation du pontificat de François.

Réformer ou abolir la papauté. Un enjeu d’avenir pour l’Eglise catholique



