Terlinden : « Je ne me sens pas moins évêque parce que j’ai des femmes à mes côtés, bien au contraire. »
José Lorenzo.
L’Église belge se trouve à la croisée des chemins, confrontée à de nombreux défis, et l’archidiocèse de Malines-Bruxelles n’échappe pas à cette situation. Son archevêque, Luc Terlinden (1968), a consacré sa participation à l’émission La vie des diocèses de KTO à l’analyse de la mission d’évangélisation, à l’accueil des plus vulnérables, au rôle des laïcs et des femmes ou à la question des abus.

Un carrefour de cultures et de langues auquel son diocèse n’est pas étranger, ce qui, selon Mgr Terlinden, « enrichit l’Église aujourd’hui » et n’est pas un obstacle, mais une opportunité, comme il l’a indiqué : « Je suis particulièrement reconnaissant à ces chrétiens qui redynamisent nos paroisses et nous permettent de grandir dans un esprit missionnaire », ajoutant que l’Église en Belgique connaît une transformation comparable à celle du reste de l’Europe, « passant d’une institution consolidée à une communauté missionnaire joyeuse et audacieuse ».
L’archevêque a également évoqué la nomination de Rebecca Alsberge comme déléguée épiscopale pour le Brabant wallon, ce qui, selon les informations recueillies par Cathobel, est un signe fort pour Terlinden : « Rebecca est là pour ses qualités et son charisme. Cela démontre la complémentarité entre les charismes et les ministères », ajoutant : « Je ne me sens pas moins évêque parce que j’ai des femmes à mes côtés, bien au contraire. Nous ne travaillons pas de la même manière dans un conseil lorsque des femmes sont présentes, et c’est une bonne chose », ajoutant qu’il serait nécessaire « d’approfondir constamment » cette complémentarité entre prêtres, diacres et laïcs.
Il a également évoqué la série documentaire « De nonnen » (Les religieuses), qui traite en profondeur de la violence infligée aux enfants entre 1950 et 1990 dans les orphelinats gérés par des institutions catholiques : « Ces témoignages sont très choquants. J’ai moi-même eu l’occasion de rencontrer personnellement certaines personnes qui ont été adoptées et séparées de leur mère pratiquement à la naissance. Aujourd’hui, nous nous demandons comment cela a pu être possible ».
À ce stade, il a souligné la responsabilité actuelle de l’Église dans ces affaires, qui ont généré une très grande désaffection sociale : « Au nom de l’Évangile, nous devons être capables de dénoncer les situations indignes de l’homme. Nous ne voulons plus collaborer à ce type de pratiques », a déclaré Mgr Terlinden.
Devant eux, il a exprimé son souhait d’une Église hospitalière et fraternelle. « Dans cette transformation que nous vivons, l’Église est appelée à être de plus en plus missionnaire. Cela implique l’hospitalité, l’accueil de ceux qui frappent à nos portes ou que nous rencontrons dans les périphéries », a-t-il déclaré.
Enfin, il a montré des signes d’espoir en constatant l’augmentation des baptêmes, en particulier chez les jeunes adultes, ce qui, selon lui, signifie qu’« il y a une génération en quête, assoiffée. Le défi est de les accueillir, mais aussi de recevoir d’eux. Ils renouvelleront notre Église ».



